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Victoire à l Armen race

La course a été rude, nous avons probablement tiré un peu trop sur le bateau mais le résultat est là.

19/05/26

Cela faisait longtemps que l’on n’avait pas gagné une course. C’est donc une grande satisfaction. Et si l’on regarde le scratch, nous terminons 3ème puisque c’est Palanad 4, un scow de 50 pieds qui l’a emporté avec 4 heures d’avance (pas loin de 10%) sur le 2ème, Mécanique Expertise qui naviguait en double et qui termine 1er des bateaux ancienne génération, 19mn en compensé devant nous.

 

 

Il faut avouer que parmi les bateaux ancienne génération, il manquait tout de même quelques bateaux très compétitifs comme Hurlevent, Hey Jude, Abracadabra, Locmalo, Ad Hoc, Delnic, J-Lance…

Nous avons navigué à 4 avec 2 anciens et 2 jeunes de moins de 25 ans. Je crois que 4, sur un bateau comme le nôtre, c’est la bonne formule. Cela ressemble à du double sur des régates à la journée, on est tout le temps 2 sur le pont et 4 pour les manips. Les principaux avantages par rapport au double sont les changements de voile d’avant et les affalages qui sont respectivement moins fatiguant et plus faciles. On a changé 3 fois de genoa et 4 fois de voile de portant je pense que l’on n’aurait pas fait cela en double. Là comme il y avait beaucoup de vent, sur les empannages cela faisait aussi une différence, on en a fait 5, tous sauf celui des Cardinaux par plus de 25 nœuds parfois avec une mer formée, en double on en aurait fait 1 ou 2 au maximum.

 

Comme le montre la trajectoire, la course n’a pas été très tactique mais avant tout une course de vitesse.


Le départ a été assez dantesque, on est parti sous A3, un peu par erreur. On a tenu l’A3 jusqu’à la fin en passant 3 empannages. On a vu notre anémo qui est toujours optimiste au portant nous indiquer 37 nœuds ce qui est à moitié rassurant. Tout cela pour un résultat nul car il y a eu des bascules très significatives avec les grains et on a tricoté à l’envers à chaque fois. Notre trajectoire sur le tracker semble à la limite du débile alors qu’on a toujours empanné quand on était lay-line, le plan initial étant de faire 1 empannage... On passe tout de même premier à la bouée mais Hakuna qui a fait une partie du portant sans spi n’est pas loin.

Trajectoires de Timeline et d’Hakuna Matatata

 

Ensuite c’était une course de vitesse au près où les options n’ont pas fait de différence. La mer en s’approchant de l’Occidentale de Sein était vraiment mauvaise. La descente a été sportive, nous l’avons faite intégralement sous S2. Le vent était prévu à un peu plus de 20 nœuds avec des claques, notre anémo optimiste nous a indiqué entre 25 et 35 sur toute la descente. Je ne pensais pas que cela m’arriverait un jour sous S2 mais à un moment j’ai pensé « c’est cool il n’y a plus que 27 ». Comme j’en ai déjà parlé ici, je travaille avec une préparatrice mentale, entre autres sur la peur, je croyais être bien guéri mais là j’ai eu peur. Inversement quand je repense à cette peur, elle me semble normale. Nous étions dans des territoires inexplorés, donc on ne peut pas être sûr que quelque chose ne va pas casser. Je n’avais jamais vu 35 nœuds sous S2, 30/32 oui, 35 non, et même si l’anémo est faux, cela ne change rien, on est toujours dans l’inexploré.

 

 

Inversement, l’empannage durant la descente, ne m’a pas trop inquiété, on aurait dû en faire 2 mais l’écoute s’est décrochée dans un départ au loff et donc quand est venu le moment d’empanner une seconde fois ce n’était plus possible. Mécanique Expertise m’a indiqué qu’ils n’ont pas non plus fait le 2ème. Paradoxalement même si le vent était un peu moins fort en fin de soirée, les vagues étaient plus rapides et cela aurait été assez chaud de se lancer dans cette manœuvre. Mais on n’a pas eu à se poser la question. A partir de la remontée, le vent a progressivement faibli et on est rentré dans une régate plus classique avec de la tactique au près, des changements de voile au portant. On était complètement à fond car dès que nous avons eu du réseau, nous avons réalisé que cela allait être très tendu pour la première place. On a beaucoup regardé le tracker.  Finalement il n’y a que 10 minutes en compensé avec Ishsha, bravo à eux, J’imagine qu’ils ont vécu une course assez proche de la nôtre. Par ailleurs on a navigué à vue, voire au contact avec Mécanique expertise à partir de Penmarch et jusqu’à l’arrivée. C’était très motivant.

 

Les 2/3 de la flotte ont abandonné. Un abandon, c’est de la casse. La casse c’est de la préparation ou une mauvaise manœuvre. Notre bateau a bientôt 10 ans, je passe mon temps à changer des bouts de ficelle, je crois que c’est important. On change aussi l’étai tous les 3 ans et on a remplacé tout le dormant il y a 3 ans. Par conséquent on est confiant sur la fiabilité. Inversement, au portant on a monté le curseur plus haut que d’habitude, donc il y avait de la place pour le doute. La mauvaise manœuvre, on a réussi à ne pas en faire dans la brise. Cela aurait pu être l’inverse. Au départ du Fastnet 2023, il y avait comme prévu 35 nœuds établis avec rafales à 40 et j’ai été surpris que le RORC décide de lancer. On allait aux Needles puis à Portland Bill…Je pense toujours que c’était une mauvaise idée. Là, sur le grib, on était 2 crans en dessous. J’ai probablement un biais car cela s’est bien passé, mais je n’ai rien à dire sur les choix du Comité. Sous GV 1 ris J3, tout le monde arrive à la Basse Cappella. Mettre autre chose, c’est un choix.  L’accueil à l’arrivée était génial.

 

Il y a pas mal de choses que l’on n’a pas bien faites :

  • - Une trajectoire délirante sur le premier portant
  • - Un passage J3 / J2 à Penmach qui a été très efficace au début mais qui nous a fait souffrir sur la fin du bord en approchant de Sein. On aurait dû prendre un ris mais la mer était vraiment très mauvaise.
  • - Un mauvais timing du dernier empannage avant le dog leg Sud qui nous a fait faire un dernier bord très bas et même terminer sans spi sous J3.
  • - Des peelings un peu poussifs en contournant Belle Ile au retour

 

Pour le reste c’était propre.

 

Je ne vais pas m’étendre sur les scow à l’Armen ou à la Cap Martinique, vous savez lire des classements et faire des règles de 3. Sur la Cap Martinique, la différence entre nouveaux designs et anciens est à 5% d’écart en compensé moins que les 12% habituels mais les conditions ont été plus légères que d’habitude.  A l’Armen on a eu les 10% d’écart en compensé, la norme est bien là. Un bateau ancienne génération ne peut plus faire de résultat sauf météo exceptionnelle. Le problème de l’IRC est de plus en plus sérieux.

 

J’avoue que j’ai été un peu long. Si vous m’avez lu jusqu’au bout, n’hésitez pas à mettre en commentaire sur Facebook le vent que vous avez eu dans la descente, cela nous permettra de mieux comprendre ce que nous dit notre anémo…

 

 

 

 

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