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Changement de cap

Après une vingtaine d'années à faire de l'équipage, j'ai décidé d'arrêter.

25/08/18

En général, dans ce blog, j'essaie de parler de l'équipe, de nous plutôt que de moi. Mais là, je vais parler un peu de moi. 

 

C'était au mois d'avril, le dimanche du spi Ouest-France. Le génoa medium s'est déchiré sans raison apparente dès la première manche. La journée était pliée, la régate aussi. Et là, j'ai pensé : "c'est bon, j'arrête". Pourtant, ce n'était qu'un petit incident, quelque chose d'énervant mais qui arrive de temps en temps en bateau. La régate n'est pas mon métier, c'est un loisir. La notion de plaisir est donc primordiale. Si je ne m'amuse pas, ou plus exactement si je ne m'amuse plus, alors ce n'est pas la peine de continuer.

 

Mais je m'amuse encore.

 

Alors pourquoi arrêter ? Dans la course à la voile, ce qui m'amuse c'est d'être sur le podium. Etre sur le podium demande du travail, de l'énergie, il faut préparer le bateau et préparer l'équipage. Ces deux dernières années, j'ai eu plus de mal à motiver l'équipage pour mettre en place un programme cohérent, j'ai aussi trouvé l'intendance un peu lourde. Tout cela c'est le coût du bateau. En face, il y a le plaisir. Mais ce plaisir, je dois l'avouer n'est plus aussi intense qu'il y a quelques années. Regagner m'amuse beaucoup moins que de gagner une première fois.

 

Si on prend la régate qui pour moi est la plus importante, le Fastnet. Après notre 2ème place, pas mal de proches nous ont dit qu'on devait être bien déçus de perdre de si peu. En fait, personnellement non, on a fait 2, c'était bien. Je n'étais ni heureux ni déçu. On avait juste fait une bonne régate. Imaginons le Fastnet 2019, ce serait mon 4ème en équipage. Aux précédents on a fait 1,4 (car le J/120 a été disqualifié ensuite) et 2. Que puis-je espérer ? Soit on ne fait pas le podium et je le vivrai comme une catastrophe, tout ce travail pour rien etc... soit on fait un podium et j'aurais le sentiment d'avoir fait le job. Ni plus ni moins. 

 

Le compromis entre le plaisir du bon résultat et le travail qu'il nécessite n'est plus un bon compromis pour moi. 

 

Donc le dimanche soir du Spi, j'ai appelé mes enfants et je leur ai dit "j'arrête" et puis quelques jours après j'ai informé l'équipage. Ce n'est pas rien. Notre premier bateau de 2000. C'est une vraie tribu. Cela m'a beaucoup ému de leur écrire "j'arrête" et quand j'y repense aujourd'hui cela me touche encore.

 

Je n'ai donc plus navigué en course de la saison.  Et puis j'ai fait un convoyage en double du Crouesty à Cherbourg et là j'ai eu la sensation de me sentir bien en équipage réduit. Mon j'arrête s'est transformé, en "on va essayer autre chose", en double.

 

C'est très égoïste comme décision, mais cela me semblait obligatoire. L'équipe d'Xtra-Time de Prime Time et de Timeline a vécu une belle histoire avec un début et une fin.

 

2019 sera une saison de double. 

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