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De Guingand Bowl : à l'arrière de Miguel

Le Guingand Bowl s'est couru à l'arrière de la dépression Miguel. Les conditions étaient donc compliquées. Nous terminons tout de même sur le podium puisque l'essentiel de la flotte a abandonné.

10/06/19

 

Le Guingand bowl a été une course pas vraiment poétique. Il y avait 68 bateaux au départ et 14 ont terminé la course. En double, nous avons été 4 sur 17 à terminer. Le départ a été lancé à l’arrière de la dépression Miguel. Les fichiers de vent annonçaient 25 nœuds pour toute la journée baissant en soirée. En fait, ils étaient un peu conservateurs, et nous avons eu 30 nœuds bien établis sur toute la montée.

 

Nous avons pris un départ complètement pourri. Aux 6 minutes, nous étions au moteur en train de prendre un ris. Nous sommes partis côté Squadron car c’est là que nous étions quand le départ a été donné alors que toute la flotte est partie à l’autre bout. En effet, si on décidait de ne pas mettre de spi sur ce premier bord, il valait mieux avoir un angle plus loffé. Un seul bateau, en équipage, a mis le spi. Le spi n’était pas du tout prêt chez nous et comme personne ne le mettait, on ne l’a pas mis non plus. Nous passons donc la première bouée pas bien du tout mais pas trop loin.

 

Ensuite, je viens de regarder sur le tracker, cela a duré 4h30. 4h30 à tirer des bords à contre courant dans 30 noeuds le long de la côte Nord du Solent jusqu’à la sortie. C’est durant cette séquence que l’essentiel de la flotte a abandonné. En double nous n’étions plus que 5 à la sortie du Solent. 30 nœuds, ce n’est pas 25, c’est un peu plus. Il y en avait pour tous les goûts. Nous étions sous ORC un ris, et Bellino qui marchait mieux que nous était sous 2 ris, génoa lourd. Raging Bee qui marchait aussi bien jusqu’à ce qu’il déchire son ORC était sous GV haute et ORC Je n’ai pas compté les virements et le tracker n’est pas assez précis pour les voir, mais en 4 heures 30 on en a fait vraiment beaucoup.

 

 

 

Le bateau bougeait trop pour que le sondeur fonctionne, soit il sortait de l’eau, soit je ne sais pas quoi mais la sonde bougeait de 2 mètres à chaque rafraichissement et a souvent indiqué 1m80. Par ailleurs, en double, il ne pouvait y avoir personne à l’intérieur pour regarder la carte. Hors le jeu est d’aller le plus près possible de la côte pour s'abrîter du courant. On l’a donc fait « au feeling », je suis d’habitude prudent , mais là on a été assez agressifs et notre trajectoire est proche de celles de nos camarades. Bellino a été meilleur tactiquement et allait plus vite.

 

Une fois sortis, la mer était franchement mauvaise. 30 nœuds établis ce n’est pas la tempête, mais par gros coeff et vent contre courant dans cette zone, c’est assez moche. Comme le raconte l’un des compétiteurs sur le site du RORC : Going around Anvil Point it became quite hard to keep the boat upright. The waves were not massive, maybe 6-8ft waves but they were close together. We were coming off one wave and straight into the trough of another.

 

Il fallait vraiment bien se tenir au bateau quand il retombait. Les lecteurs de ce site savent ce que c’est, on était en mode survie, on ne mangeait pas, on buvait peu, on essayait juste de tactiquer un minimum et on a réussi à se refaire un peu à Saint-Alban en longeant le banc comme dans le bouquin. Nous commençons la descente avec un mille de retard sur Bellino. Ni lui ni nous n’avons brillé par notre rapidité à envoyer le spi. Lui, je ne sais pas pourquoi, nous parce qu’il nous a bien fallu dix minutes pour enlever notre ris. Notre technique de prise de ris n’est pas très au point, mais pour notre défense, je n’en n’avais jamais pris sur ce bateau.

 

Le portant n’était pas beaucoup plus intellectuel que le près. C’était tout droit, il y avait plutôt 25 que 30 noeuds. Nous étions sous spi de cappelage, on est monté à 17 nœuds et sommes revenus très près de Bellino à Saint-Catherine où il fallait empanner alors qu’il n’y avait plus qu’une vingtaine de nœuds. A ce moment, nous étions virtuellement en tête en compensé.

 

Et on l’a raté. Le spi qui fait des tours dans l’étai après un empannage raté, de nuit, bien fatigué, en double, c’est assez pénible. On a mis une heure et demi à le descendre, heureusement en allant à peu près dans la bonne direction. Pour donner une idée du bazar on a mis plus de 15 minutes à le rentrer une fois descendu, le temps de le défaire de l’étai et des nombreuses ficelles dans lequel il était saucissonné.

 

 

On a beaucoup appris sur cette séquence. Il y a des choses qui faut prendre en compte quand on est que 2 et qui ne fonctionnent pas comme à 8.

 

On a tout de même fait un podium, puisque nous n’avons été que 4 à terminer et que le dernier n’était vraiment pas dans le match. On va dire que c’est une récompense pour notre ténacité mais qu’avec une erreur comme celle-ci on ne méritait pas mieux.

 

 

 

 

 

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